Le purin d'ortie, c'est la potion magique du jardin bio : un engrais gratuit, riche en azote, doublé d'un stimulant et d'un répulsif à pucerons. On le fabrique avec trois fois rien — des orties, de l'eau, de la patience. Encore faut-il respecter la recette et surtout le dosage, sous peine de brûler ses plantes. Voici ma méthode éprouvée.
Qu'est-ce que le purin d'ortie ?
Le purin d'ortie est un extrait fermenté d'orties macérées dans l'eau. Cette fermentation libère les nutriments de la plante, en particulier l'azote : le purin devient alors un engrais liquide riche en azote, idéal pour doper la croissance du feuillage. Bien utilisé, il stimule aussi les défenses des plantes et aide à éloigner les pucerons.
Trois usages en un
- Engrais de croissance, riche en azote, à l'arrosage.
- Stimulant qui renforce les plantes et la vie du sol.
- Répulsif à pucerons en pulvérisation sur le feuillage.
La recette du purin d'ortie pas à pas

La proportion à retenir : 1 kg d'orties fraîches pour 10 litres d'eau, idéalement de pluie. On récolte les orties avant la montée en graines, gantés, et on les hache grossièrement pour accélérer la macération.
- Récolte et hache 1 kg d'orties (gants !), mets-les dans un récipient non métallique.
- Couvre de 10 litres d'eau, ferme sans étanchéifier, place à l'ombre.
- Brasse chaque jour : ça mousse, puis la mousse disparaît.
- Filtre dès qu'il n'y a plus de bulles (1 à 2 semaines selon la chaleur).
Utilisation et dosage : diluer, toujours

La règle d'or : on ne l'utilise jamais pur. En engrais à arroser au pied, on dilue à 10 % (1 L de purin pour 9 L d'eau). En traitement foliaire anti-pucerons, on descend à 5 %, en pulvérisation sur et sous les feuilles.
Côté fréquence, un arrosage au purin dilué tous les 10-15 jours en pleine croissance suffit largement. C'est un engrais de printemps et de début d'été, à réserver à la phase de croissance du feuillage. Il complète idéalement le compost et les autres engrais du potager.
Sur quelles plantes l'utiliser (et lesquelles éviter)
Le purin d'ortie régale les légumes gourmands en azote et en feuillage : tomates (en début de culture), courgettes, choux, poireaux et salades. Il booste aussi les jeunes plants au démarrage et active le compost.
En revanche, on l'évite sur les légumes en pleine floraison ou fructification (l'excès d'azote ferait des feuilles au détriment des fruits), et sur les légumineuses (pois, haricots) qui fabriquent déjà leur azote. Pour la mise à fruits, on lui préfère alors un purin de consoude, riche en potasse.
Purin d'ortie, purin de consoude et autres purins
Le purin d'ortie n'est pas le seul des purins végétaux utiles au jardin. Les deux grands classiques se complètent : l'ortie, riche en azote, soutient la croissance du feuillage en début de saison ; la consoude, riche en potasse, accompagne la mise à fruits et la floraison des tomates, courgettes et fraisiers. Beaucoup de jardiniers alternent les deux au fil de la culture.
D'autres extraits végétaux élargissent la panoplie : la décoction de prêle (riche en silice) renforce les plantes contre les maladies, et la fermentation de fougère repousse certains ravageurs. Tous se préparent sur le même principe que le purin d'ortie — macération, fermentation, on filtre, puis on dilue — et tous s'intègrent dans une fertilisation maison, gratuite et complémentaire du compost et des engrais organiques.
L'ortie, elle, ne se limite d'ailleurs pas au purin : hachée fraîche, on l'ajoute au compost qu'elle active, ou en paillis nutritif au pied des plants gourmands. Rien ne se perd dans cette plante mal-aimée, véritable trésor du potager bio.
Conservation et précautions
Bien filtré et stocké dans des bidons opaques, fermés, à l'abri de la lumière et du gel, le purin d'ortie se conserve plusieurs mois. Si une odeur très forte ou des moisissures apparaissent, mieux vaut le composter. Rassure-toi sur la légende : le purin d'ortie n'est pas interdit, il est reconnu comme préparation naturelle.
Dernier point : ce n'est pas un produit miracle ni un pesticide universel. C'est un engrais et un stimulant, à intégrer dans une approche d'ensemble — sol vivant, paillage, associations et potager bio. Pour les maladies, il se combine avec d'autres solutions comme le traitement de l'oïdium ou la lutte contre les limaces.

