🌱 Le potager urbain, accessible à tous — même sur 2 m² Accueil
Guide · Méthodes du potager

Maladies de la tomate : les reconnaître et les traiter

Taches brunes, feuilles qui jaunissent ou s'enroulent, cul noir des fruits… Le plant de tomate est sujet à bien des maux. Je t'aide à reconnaître chaque maladie de la tomate d'un coup d'œil, à comprendre sa cause, et surtout à protéger ta récolte au naturel.

Plant de tomate présentant plusieurs symptômes de maladie : feuilles jaunes et taches brunes

La tomate est le légume-roi du potager, mais aussi l'un des plus fragiles. Entre les maladies fongiques, les troubles physiologiques et quelques ravageurs, un plant de tomate peut vite donner des sueurs froides. Pas de panique : la plupart des maladies de la tomate se reconnaissent facilement à leurs symptômes et, surtout, s'évitent par de bons gestes. Sur mon balcon parisien comme au jardin, c'est toujours l'œil qui sauve la récolte. Voici mon guide pour des tomates saines, du diagnostic au traitement.

Reconnaître une tomate malade

Feuilles de tomate avec taches brunes et jaunissement, symptômes de maladie

Observe d'abord toutes les parties du plant : les tiges, le feuillage (dessus et revers), les fleurs, les fruits. Des taches brunes humides ? Pense mildiou. Un feutrage blanc ? Oïdium. Un jaunissement général ? Souvent un excès d'eau ou une carence. Une tache noire sous le fruit ? Le cul noir. Chaque symptôme oriente vers une cause précise.

Distinguer maladie et trouble est essentiel : une vraie maladie de la tomate (champignon, bactérie, virus) se traite ou se prévient, tandis qu'un trouble physiologique (cul noir, éclatement, feuilles enroulées) se corrige en ajustant la culture. La grande majorité des soucis sont des maladies cryptogamiques : des champignons dont les spores voyagent avec l'humidité, la pluie et les éclaboussures de terre. Ce sont donc les conditions climatiques — chaleur douce et air humide — qui commandent le développement des maladies. Avant de traiter, on diagnostique : ce guide passe en revue les symptômes et traitements de chacune, et pour ça, rien ne vaut un tableau clair.

Diagnostic express : à chaque symptôme, sa cause probable et le bon geste.
Symptôme observéCause probableLe bon geste
Taches brunes humides sur feuilles et tiges, feutrage clair au reversMildiouFeuillage au sec, bouillie bordelaise en préventif
Feutrage blanc poudreux sur le dessus des feuillesOïdiumBicarbonate, soufre ou décoction de prêle
Taches brunes concentriques « en cible » sur les feuilles bassesAlternarioseCouper les feuilles atteintes, aérer le plant
Duvet gris sur tiges et fruits par temps frais et humideBotrytis (pourriture grise)Retirer les parties touchées, aérer
Tache noire, plate et coriace sous le fruitNécrose apicale (cul noir)Arroser régulièrement, pailler le sol
Feuilles qui jaunissent du bas vers le hautExcès d'eau, carence ou chloroseAjuster l'arrosage, nourrir le sol
Feuilles qui s'enroulent en cornetStress hydrique, chaleur ou virusOmbrer, arroser ; arracher si virus
Flétrissement du plant malgré un sol humideFusariose / verticillioseRotation des cultures, variétés résistantes
Peau du fruit fendueÉclatement (à-coup d'arrosage)Arroser régulièrement, pailler

Feuilles qui jaunissent, s'enroulent ou se tachent

Le feuillage est le tableau de bord de la tomate : c'est presque toujours par lui que le plant parle en premier. Trois grands signaux reviennent tout le temps, et chacun mérite qu'on s'y arrête avant de dégainer un traitement.

Les feuilles jaunissent

Si les feuilles inférieures jaunissent lentement pendant que le haut reste vert, pas d'alarme : c'est souvent le vieillissement naturel ou un simple excès d'eau. Un jaunissement entre les nervures, en revanche, signe une carence — c'est la chlorose, qu'on corrige par un apport de compost ou de purin d'ortie. Mais si le jaunissement des feuilles s'accompagne de taches brunes ou d'un flétrissement du plant entier, on bascule vers une vraie maladie (mildiou, fusariose) : là, il faut agir.

Les feuilles s'enroulent

Des feuilles qui s'enroulent en cornet vers le haut effraient, mais neuf fois sur dix ce n'est pas une maladie : c'est une réaction à la chaleur, à un arrosage trop irrégulier ou à une taille trop sévère. Le plant se protège de l'évaporation, un point c'est tout. Si, à l'inverse, l'enroulement touche les jeunes pousses avec un jaunissement et un rabougrissement, méfie-toi d'un virus (comme la maladie des feuilles jaunes en cuillère) transmis par les aleurodes : ce sont ces mouches blanches qu'il faut alors combattre en premier.

Les taches sur les feuilles

Ce sont les taches qui trahissent le mieux le champignon en cause. Brunes et humides, elles évoquent le mildiou. Brunes et concentriques « en cible », l'alternariose. Un feutrage blanc, l'oïdium. Des taches noires et anguleuses trahissent une bactériose. Dans tous les cas, retire sans attendre les feuilles infectées : c'est le premier geste qui casse la propagation des maladies vers les feuilles et les fruits encore sains.

Trois feuilles de tomate comparées : jaunissement, enroulement en cornet et taches brunes

Les trois signaux côte à côte : à gauche le jaunissement entre les nervures, au milieu l'enroulement en cornet d'une feuille pourtant verte, à droite les taches brunes cerclées de jaune. Compare ta feuille à ces trois-là avant de sortir le moindre traitement.

Le mildiou, l'ennemi numéro un

Le mildiou est la maladie des tomates la plus redoutée. Ce champignon (Phytophthora infestans), favorisé par l'humidité et la chaleur douce, couvre le feuillage et les tiges de taches brunes qui s'étendent en quelques jours jusqu'aux fruits, avec un feutrage grisâtre au revers des feuilles. C'est le même mildiou qui frappe la pomme de terre, sa cousine chez les Solanacées. La prévention (feuillage au sec, aération) reste la seule arme vraiment efficace : une fois installé, il va très vite. J'y consacre un guide complet, pour tout comprendre du cycle et du traitement du mildiou de la tomate.

L'oïdium de la tomate

L'oïdium de la tomate, ou maladie du blanc, forme un feutrage blanc poudreux sur le dessus des feuilles, surtout en fin de saison par temps chaud et sec la journée, humide la nuit. Moins fulgurant que le mildiou, il affaiblit malgré tout le plant, réduit la photosynthèse et donc la récolte. Le bicarbonate de soude, le soufre et la prêle en viennent bien à bout s'ils sont appliqués tôt, dès les feuilles les plus atteintes repérées — voir mon guide dédié à l'oïdium.

Dans la culture des tomates en pot, sur mon balcon, l'oïdium arrive presque chaque année en août : j'espace bien les plants de tomate, j'arrose le matin et jamais le soir, et je pulvérise le bicarbonate en prévention. Cette routine de prévention et traitements légers suffit à passer la fin d'été sans casse.

Cul noir, éclatement et taches des fruits

Tomates atteintes de cul noir (nécrose apicale) et d'éclatement des fruits

Cette tache noire, plate et coriace au bas du fruit n'est pas une maladie : c'est la nécrose apicale, un manque de calcium provoqué par des arrosages des tomates irréguliers. La parade n'est pas un traitement, mais un arrosage régulier et un bon paillage pour stabiliser l'humidité du sol.

Dans le même registre, l'éclatement des tomates (peau fendue) vient aussi d'à-coups d'arrosage après une période sèche : le fruit gorgé d'eau craque. Là encore, la régularité est la clé. Ces troubles touchent surtout les tomates en pot, plus sensibles aux variations, et de préférence les grosses variétés — la tomate cerise, elle, éclate beaucoup moins.

Attention à ne pas confondre le cul noir avec l'anthracnose, une maladie fongique celle-là : elle creuse des taches noires, rondes et déprimées sur le côté des fruits mûrs, souvent après des éclaboussures de terre contaminée. On récolte alors les tomates dès qu'elles rougissent et on paille pour couper le contact avec le sol.

Les autres maladies de la tomate

À reconnaître aussi

  • Alternariose : taches brunes concentriques (en cible) sur les feuilles basses et les tiges, par temps chaud et humide.
  • Botrytis (pourriture grise, Botrytis cinerea) : duvet gris sur tiges et fruits, par temps humide et frais.
  • Fusariose / verticilliose : flétrissement du plant de tomate malgré un sol humide, souvent d'un seul côté.
  • Chlorose : jaunissement entre les nervures, signe d'une carence à corriger par le sol.
  • Maladies virales (mosaïque, feuilles jaunes en cuillère) : feuilles marbrées ou enroulées, transmises par les pucerons et les aleurodes.

La majorité de ces maladies sont fongiques et se combattent par les mêmes gestes préventifs. Avec la fusariose ou la verticilliose, les feuilles deviennent jaunes puis brunes et le flétrissement des feuilles gagne de bas en haut ; ces flétrissures survivent des années dans les débris et le sol. Seule la rotation des cultures et des variétés résistantes aux maladies en viennent à bout : on évite de replanter des tomates — ou leurs cousines aubergine et poivron — au même endroit avant trois ou quatre ans. Les maladies virales, elles, ne se soignent pas : on arrache et on brûle les pieds atteints pour protéger les voisins.

Traiter les maladies de la tomate au naturel

Soyons honnêtes : contre une maladie fongique déjà installée, aucun traitement ne fait de miracle. Les traitements préventifs valent toujours mieux que le curatif — on pulvérise avant les épisodes humides, pas quand tout est déjà brun. On limite les dégâts et on protège les parties saines. Voici les remèdes naturels qui marchent vraiment, à choisir selon les symptômes :

Les traitements naturels efficaces, et contre quoi les employer.
TraitementContre quoiComment l'utiliser
Bouillie bordelaiseMildiou, alternariose, bactériosesEn préventif, avant les pluies ; avec modération (le cuivre s'accumule)
Décoction de prêleMildiou, oïdium (préventif)Diluée à 20 %, en pulvérisation tous les 15 jours
Bicarbonate de soudeOïdium5 g/L d'eau + un peu de savon noir, sur le feuillage sec
Purin d'ortieFortifiant, défenses du plantDilué à 10 %, en arrosage au pied au printemps
Le geste que j'oublie jamais
Avant toute pulvérisation, je coupe et je brûle immédiatement les feuilles les plus atteintes — jamais au compost, où les spores survivraient. Un plant qu'on allège respire mieux et guérit plus vite. C'est le geste le moins glamour, mais le plus payant.

Prévenir et choisir des variétés résistantes

Le meilleur moyen d'éviter les maladies, c'est encore de ne jamais les laisser s'installer : 90 % de la santé de tes tomates se joue en prévention, et les règles valent contre presque toutes les maladies et ravageurs du potager. Voici comment prévenir les maladies des tomates au fil de la saison :

Les gestes qui protègent

  • Arroser au pied, le matin, sans jamais mouiller les feuilles ni le feuillage.
  • Espacer, tuteurer et effeuiller le bas des plants de tomate pour aérer et couper les éclaboussures.
  • Pratiquer la rotation des cultures (voir mon guide sur la rotation des cultures) et pailler le sol.
  • Ramasser et brûler les débris végétaux en fin de saison, jamais les laisser au sol.
  • Choisir des variétés de tomates résistantes aux maladies (mention « HR/IR » sur les sachets).

En renfort, la bouillie bordelaise (avec modération) et le purin d'ortie aident à prévenir et fortifier. Pour réussir la culture de A à Z, suis ma fiche complète de la tomate, et garde en tête qu'un plant vigoureux dans un potager bio équilibré résiste toujours mieux. Une tomate bien conduite, c'est déjà une tomate à moitié sauvée.

Vos questions

Questions fréquentes

Quelle est la maladie de la tomate la plus courante ?
Le mildiou, de loin : ce champignon (Phytophthora infestans) profite de l'humidité pour couvrir le plant de taches brunes et peut tout détruire en quelques jours. Viennent ensuite la nécrose apicale (le « cul noir »), l'oïdium et l'alternariose. La plupart des maladies de la tomate sont des maladies cryptogamiques, d'origine fongique, et liées à l'excès d'eau sur le feuillage.
Comment traiter les tomates malades ?
On agit surtout en prévention : arroser au pied, aérer les plants, pratiquer la rotation des cultures et choisir des variétés résistantes. En curatif, contre les maladies fongiques, la bouillie bordelaise en préventif et la décoction de prêle aident ; le bicarbonate vient à bout de l'oïdium ; le purin d'ortie fortifie. Les feuilles atteintes se coupent et se brûlent, jamais au compost.
Pourquoi les feuilles de mes tomates s'enroulent-elles ?
Le plus souvent, ce n'est pas une maladie : les feuilles s'enroulent en cornet sous l'effet de la chaleur, d'un arrosage trop irrégulier ou d'une taille sévère. C'est un réflexe de survie du plant. Si l'enroulement s'accompagne d'un jaunissement et d'un rabougrissement des jeunes pousses, cela peut trahir un virus transmis par les aleurodes : là, on arrache le pied atteint.
Que faire quand les feuilles de tomate jaunissent ?
Un jaunissement des feuilles inférieures est souvent banal (vieillissement, excès d'eau). Un jaunissement entre les nervures signale une carence, c'est la chlorose : on corrige avec un apport de compost ou de purin d'ortie. Si le jaunissement s'accompagne de taches brunes ou d'un flétrissement, cherche plutôt du côté du mildiou ou de la fusariose.
Le cul noir de la tomate est-il une maladie ?
Non, c'est un trouble physiologique : la nécrose apicale (tache noire au bas du fruit) vient d'un manque de calcium lié à des arrosages irréguliers, pas d'un champignon. On la corrige en arrosant régulièrement et en paillant, pas avec un fongicide.
Peut-on manger des tomates malades ?
Les fruits abîmés (taches dures, pourriture) s'écartent. Mais les tomates parfaitement saines d'un plant atteint se consomment sans danger : ces maladies sont fâcheuses pour la récolte, pas dangereuses pour l'humain. On récolte le sain et on le fait mûrir à l'abri.
Poursuivre dans ce thème Méthodes : voir tout le guide
Le cadeau d'Andréa

Le guide du potager urbain pour débuter, offert

Recevez gratuitement mon guide PDF « Démarrer son potager urbain en 5 étapes », plus mes conseils de saison chaque semaine pour réussir vos cultures.

Gratuit · Désinscription en 1 clic · Pas de spam, promis 🌱