On n'y pense pas toujours, mais le godet de semis joue un vrai rôle dans la réussite des plants. Trop petit, il bride les racines et sèche entre deux arrosages ; mal drainé, il les noie ; bien choisi, il offre un démarrage idéal et un repiquage sans accroc. Ici je te donne les tailles précises par légume, le nombre de graines par pot, les repères de dates et mes recettes de godets en récup — de quoi choisir sans hésiter.
À quoi sert un godet de semis
Le godet accueille la jeune plante depuis la germination jusqu'à la mise en terre. Il lui offre un volume de terreau dédié, un bon drainage, et permet de la déplacer, l'endurcir et la repiquer sans casse. C'est l'intermédiaire entre le semis serré en caissette et la pleine terre : un plant élevé au chaud dans son godet développe un système racinaire compact qui tient la motte à l'arrachage, gage de plants bien enracinés et d'une reprise éclair.
Ce qu'un bon godet apporte
- Un enracinement propre dans un volume dédié, sans concurrence entre plantules.
- Un bon drainage par les trous du fond, pour évacuer l'excès d'eau et éviter la fonte des semis.
- Un repiquage facile par dépotage, motte intacte, sans abîmer les racines.
La différence entre un pot et un godet ? Une question d'usage : le godet est un petit contenant léger, souvent de 5 à 9 cm, pensé pour la phase de semis et de bouturage avant le repiquage en plus grand ou directement au potager.
Les différents types de godets

Quatre familles couvrent l'essentiel : les plaques alvéolées et caissettes pour semer en série, les godets plastique réutilisables pour les plants gardés longtemps, les contenants biodégradables (tourbe, fibre de coco, cellulose) qui se plantent directement en terre, et les godets de récup maison.
Le godet plastique mise sur la durabilité : solide, lavable, il te suit dix saisons si tu le nettoies. Le godet biodégradable, lui, supprime le stress du repiquage puisqu'on le plante directement en pleine terre avec la motte — imbattable pour les légumes fragiles, mais il sèche plus vite et se paie plus cher (les modèles en tourbe de fabrication française sont réputés pour se déchirer nettement à la plantation).
| Contenant | Idéal pour | Atout | Limite |
|---|---|---|---|
| Plaque alvéolée | Semer beaucoup, trier ensuite | Gain de place, semis en série | Petit volume, repiquage rapide obligatoire |
| Godet plastique 7-9 cm | Tomate, courge, plants gardés longtemps | Réutilisable, économique à l'usage | À nettoyer chaque saison |
| Godet biodégradable | Cucurbitacées, légumineuses fragiles | Se plante entier, zéro choc racinaire | Sèche vite, plus cher |
| Récup (yaourt, rouleau, œufs) | Petit potager, budget serré | Gratuit et à recycler | À percer, moins durable |
À part, la motte de terreau pressé se passe carrément de contenant : la motte EST le pot. Chaque solution a ses adeptes ; le choix dépend du nombre de plants, du budget et de la sensibilité des cultures potagères au repiquage.
Quelle taille de godet pour quel légume
C'est la question qui revient le plus, et la réponse tient en une règle : plus le plant reste longtemps en godet et plus il pousse vite, plus le volume doit être grand. Un plant à l'étroit fait des racines en tire-bouchon et marque un coup d'arrêt au repiquage. Voici mes repères, éprouvés sur mon balcon parisien de 6 m².
| Légume | Contenant conseillé | Graines par godet | Durée avant repiquage |
|---|---|---|---|
| Tomate, aubergine, poivron | Godet 8-9 cm | 1 à 2 (éclaircir) | 6 à 8 semaines |
| Courgette, concombre, melon | Godet biodégradable 8 cm | 1 à 2 | 3 à 4 semaines |
| Salade, laitue | Alvéole ou godet 5-7 cm | 1 à 2 | 4 à 5 semaines |
| Chou, brocoli | Godet 7 cm | 1 à 2 | 5 à 6 semaines |
| Basilic, aromatiques | Godet 7 cm | Pincée, repiquer par touffe | 5 à 7 semaines |
| Haricot, pois (racine pivotante) | Rouleau ou godet profond 8 cm | 2 à 3 | 3 à 4 semaines |
En clair : godet de 7 cm pour les semis légers et les jeunes plants peu gourmands, godet de 8 à 9 cm pour les godets adaptés aux tomates, poivrons et aubergines qui séjournent deux mois avant la mise en place. Un volume trop petit assèche et bride ; un volume trop grand gaspille le terreau de semis et retient l'eau au risque d'asphyxier les racines.
Quand commencer ses semis en godet
La saison des semis en godet s'ouvre dès février sous abri et court jusqu'en mai. Le principe : semer assez tôt pour que le plant soit prêt à la plantation quand le sol se réchauffe, mais pas trop pour ne pas se retrouver avec un plant filé qui attend derrière la vitre. Ces fenêtres valent pour une culture au chaud (mini-serre, rebord de fenêtre lumineux à 18-22 °C).
Mes repères de semis en godet
- Février : piment, poivron, aubergine (germination lente, il leur faut de l'avance et de la chaleur).
- Mars : tomate, céleri, chou, premières semis de tomates à repiquer une fois en godet plus grand.
- Avril : courgette, concombre, melon, courge, basilic — croissance rapide, 3 à 4 semaines en godet suffisent.
- Après les Saints de Glace (mi-mai) : mise en terre des plants frileux, une fois tout risque de gelée écarté.
Pour caler chaque légume au bon moment, je m'appuie sur mon calendrier du potager — il évite de semer trop tôt et de bricoler une place au chaud pendant des semaines. Quand le godet est colonisé par les racines, il est temps de passer à l'étape suivante.
Bien remplir, arroser et nettoyer ses godets

Remplis le godet d'un bon terreau pour semis tamisé, sans tasser, jusqu'à un centimètre du bord. Sème, recouvre à peine, et garde le tout à la lumière et au chaud. Un substrat léger favorise une bonne oxygénation et une levée régulière.
Côté eau, la règle d'or : garder le substrat frais, jamais détrempé. Les petits volumes sèchent vite, alors surveille chaque jour et privilégie l'arrosage par le bas — pose les godets quelques minutes dans un fond d'eau, la motte boit par capillarité puis on laisse égoutter. Cette méthode évite de tasser la surface et limite la fonte des semis, ce champignon qui couche les plantules du jour au lendemain. Pour tout savoir, va voir mon guide dédié à l'arrosage des semis et mes parades contre la fonte des semis.
Quand les racines emplissent le godet et pointent aux trous de drainage, il est temps de rempoter en plus grand ou de repiquer en pleine terre. Je détaille chaque étape dans mon guide pour repiquer les semis sans stresser les plants.
Fabriquer ses godets en récup
Pas besoin de tout acheter : la récup fait des merveilles et permet de recycler ce qui traîne à la maison. Voici mes trois montages préférés, testés et approuvés sur le balcon.

- Rouleaux de papier toilette — parfaits pour les plants à racine pivotante (pois, haricots, maïs) : plie le bas en quatre pour former un fond, remplis de terreau, et à la plantation enterre le tout, carton compris. Le cylindre profond laisse la racine plonger droit.
- Pots de yaourt et gobelets — perce deux trous de drainage au fond avec une pointe chaude, et te voilà avec des petits pots de 7-8 cm gratuits, réutilisables plusieurs saisons.
- Boîtes d'œufs en carton — chaque alvéole devient un mini-godet pour les semis légers (salades, aromatiques) ; on découpe ensuite alvéole par alvéole pour repiquer sans déranger les racines.
Tu peux aussi rouler tes propres godets dans du papier journal autour d'un verre : biodégradables, recyclables et gratuits. Quel que soit ton choix de contenant, le vrai secret reste le même : un bon terreau, de la lumière et un arrosage maîtrisé. Pour la méthode complète, retrouve mon guide pour réussir ses semis de A à Z.
