Si un seul insecte mérite le titre d'ami du jardinier, c'est bien la coccinelle. Face aux pucerons, les coccinelles — et surtout la larve — sont d'une efficacité que nul produit n'égale. Comprendre la biologie de la coccinelle, c'est apprendre à laisser la nature gérer la lutte contre les pucerons à ta place. Décryptage.
La coccinelle, super-prédateur du puceron
Une coccinelle adulte dévore plusieurs dizaines de pucerons par jour. Mais la véritable machine, c'est la larve de coccinelle, qui peut en engloutir des milliers durant sa croissance. Au jardin, on croise surtout la coccinelle à 2 points (Adalia bipunctata) et la coccinelle à 7 points, deux espèces de coccinelles indigènes précieuses pour la lutte contre les pucerons.
La larve de coccinelle, la vraie dévoreuse

On la reconnaît mal, et on l'écrase parfois par erreur : la larve de coccinelle ressemble à un petit alligator noir taché d'orange. Pourtant, ce sont les larves de coccinelle qui débarrassent vraiment les plantes de leurs colonies de pucerons. Apprends à les repérer et à les épargner !
Le cycle de vie est simple : la coccinelle adulte pond près des colonies de pucerons, les larves éclosent et dévorent, puis se transforment en nymphe avant de redevenir adultes. Plusieurs générations se succèdent dans la saison.
Attirer et garder les coccinelles

Pour faire venir les coccinelles : bannir tout pesticide (qui les tue), semer des fleurs qui nourrissent les adultes, et leur offrir des abris pour l'hiver (tas de feuilles, hôtel à insectes). Un jardin accueillant garde ses coccinelles d'une année sur l'autre.
Ces auxiliaires protègent aussi bien le potager que les rosiers, grands habitués des pucerons. Plus le jardin est vivant et fleuri, plus la population de coccinelles s'installe durablement.
Lâcher des larves ou des adultes ?
En lutte biologique, on peut acheter des coccinelles à lâcher sur un foyer de pucerons. Le bon choix : les larves de coccinelle. Voraces et incapables de voler, elles restent sur place et nettoient la colonie, là où une coccinelle adulte lâchée a tôt fait de s'envoler ailleurs. Pour un résultat rapide, on mise donc sur la larve.
Le rôle des fourmis
Dernier point, souvent ignoré : les fourmis « élèvent » les pucerons pour leur miellat et défendent leur troupeau en s'attaquant aux coccinelles et à leurs larves. Limiter l'accès des fourmis aux plantes infestées (bande de glu sur les tiges et troncs) donne un vrai coup de pouce aux coccinelles.
Avec des auxiliaires protégés et des fourmis tenues à distance, la lutte contre les pucerons se règle presque toute seule. C'est l'esprit du potager bio — et le complément idéal de mon guide anti-pucerons.

