Pourquoi cultiver le pois chiche ?
Le pois chiche (Cicer arietinum), c’est la légumineuse du soleil, et une culture qui a le vent en poupe avec le réchauffement. Cette plante herbacée annuelle de la famille des fabacées résiste à la sécheresse, se contente d’un sol pauvre et pousse là où d’autres légumes souffrent. Elle offre ses grains dorés, riches en protéines végétales, pour les houmous et les couscous maison. En prime, comme toute légumineuse, elle capte l’azote de l’air et enrichit la terre. Une culture rustique, d’avenir, et étonnamment simple à cultiver — je l’ai adoptée sur mes 6 m² parisiens et elle ne m’a jamais déçue.
- Résistant à la sécheresse : il adore le sec, le soleil et les climats chauds.
- Sol pauvre : aucune fumure, aucun chichi ; il préfère même les terres sableuses.
- Riche en protéines : environ 20 % de protéines végétales dans le grain sec.
- Améliore le sol : son système racinaire fixe l’azote grâce à des bactéries.
Le pois chiche pousse-t-il en France ?
Oui, et de mieux en mieux. Longtemps cantonnée au pourtour méditerranéen, la culture du pois chiche gagne du terrain partout : la France comptait environ 1 500 hectares en 2003, contre plus de 23 000 aujourd’hui, portés par le réchauffement et l’engouement pour les protéines végétales. Au champ, le rendement moyen tourne autour de 15 à 30 quintaux par hectare. Au jardin, ne t’attends pas à des sacs entiers : un plant bien mené donne une poignée de gousses, mais quelques rangs suffisent à parfumer les plats de tout un hiver. Les pois chiches comptent aujourd’hui parmi les légumes secs qui reviennent le plus vite dans nos assiettes, portés par la mode des protéines végétales.
Il lui faut trois choses : du soleil, de la chaleur et un sol drainé. Dans le Sud et les régions à climat doux, il prospère sans effort. Plus au nord — j’ai des lecteurs qui le réussissent jusqu’en Bretagne — on le réserve aux étés chauds, on le sème en plein soleil et on le met à l’abri des pluies excessives. C’est un légume du sec : partout où la terre ne reste pas gorgée d’eau, il a sa place.
Quand et comment semer le pois chiche
Le pois chiche se sème directement en place, une fois les gelées passées. Inutile de le démarrer en godet : sa racine pivotante déteste le repiquage.
- Sème en avril-mai, après les gelées (dès février-mars en climat doux méditerranéen).
- Choisis un sol pauvre, sec et bien drainé, en plein soleil.
- Place les graines à 4-5 cm de profondeur, en poquets de deux graines.
- Espace les poquets de 20 cm sur le rang, et les rangs de 40 cm.
- Arrose juste pour la levée, puis laisse faire la nature.
L’astuce d’Andréa : le pois chiche déteste avoir les pieds mouillés. Plante-le dans ton coin le plus chaud et le plus drainé, et résiste à l’envie de l’arroser. C’est une plante du Sud : trop d’eau et d’humidité, et son feuillage noircit de maladie.
Côté variété, le type Kabuli à gros grain rond et clair est le plus courant en France et le meilleur pour le houmous ; c’est celui que je sème. Les variétés de pois chiches de type Desi, à petit grain foncé, se rencontrent surtout en Inde. Une seule variété bien adaptée à ton climat vaut mieux qu’un panachage hasardeux.
Peut-on semer des pois chiches du commerce ? Oui, si tu prends des graines de pois chiche sèches et entières (jamais concassées ni grillées), bio de préférence. Fais-en germer quelques-unes sur un coton humide pour vérifier leur vitalité : les graines du commerce lèvent souvent très bien, et c’est le moyen le plus économique de démarrer.
Une culture du sec : entretien et ravageurs
C’est sa grande force : le pois chiche se passe quasiment de soin. Pas de fumure, très peu d’arrosage, juste un binage au départ pour limiter les herbes, et un léger buttage quand les plants atteignent 20 cm pour bien les ancrer. Son seul vrai ennemi est l’humidité, qui favorise l’anthracnose, le principal ravageur cryptogamique (taches sombres sur les tiges et le feuillage). On le cultive donc au soleil, à l’air libre, dans un sol qui ne retient pas l’eau. Détail à connaître : le feuillage des pois chiches sécrète de l’acide malique, une substance acide qui peut irriter la peau — cueille tes gousses le matin et rince-toi les mains après avoir manipulé les plants.
Comme toute légumineuse, son système racinaire héberge des bactéries qui fixent l’azote de l’air. Après la récolte, ne t’acharne pas à tout arracher : laisse les racines en terre, elles enrichissent le sol pour la culture suivante, exactement comme le ferait un engrais vert. Un pois chiche, c’est un peu de la fertilité gratuite déposée au potager.
Combien de temps faut-il pour récolter et faire sécher les grains
Compte 4 à 5 mois entre le semis et la récolte. On récolte le pois chiche à la fin de l’été (août-septembre), lorsque les petites gousses renflées jaunissent et sèchent sur le plant. Chaque gousse renferme un à deux grains. Arrache les pieds entiers lorsque les gousses sont sèches, mets-les à finir de sécher à l’abri quelques jours, puis égrène : tu récupères des grains secs qui se conservent tout l’hiver dans un bocal hermétique. Bien sèches, tes graines de pois chiche ne moisiront pas et resteront saines jusqu’au printemps. Garde-en une poignée, prélevée sur les plus beaux plants, pour ressemer l’année suivante — le pois chiche se reproduit d’une saison à l’autre sans effort.
Récolter et cuisiner le pois chiche : trempage et houmous
Un pois chiche sec ne se cuisine jamais tel quel : il faut d’abord le réhydrater. Fais tremper les grains 12 heures (une nuit) dans un grand volume d’eau froide — ils doublent de volume. Jette l’eau de trempage, rince, puis fais cuire à l’eau frémissante non salée pendant 1 h à 1 h 30 selon la fraîcheur des grains. Le sel durcit la peau : on ne sale qu’en toute fin de cuisson.
| Étape | Durée | L'astuce d'Andréa |
|---|---|---|
| Trempage | 12 h (une nuit) | Eau froide, grand volume ; une pincée de bicarbonate attendrit |
| Cuisson à l'eau | 1 h à 1 h 30 | Eau non salée, écumer la mousse ; saler à la fin |
| Cocotte-minute | 35 à 45 min | Plus rapide, grains fondants pour le houmous |
Ensuite, le pois chiche se prête à de nombreuses recettes : le houmous d’abord, mais aussi le couscous, les falafels, ou réduit en farine de pois chiche pour la socca niçoise et la panisse. Voici mon houmous maison, celui que je prépare avec ma propre récolte :
- Mixe 250 g de pois chiches cuits avec 2 cuillères à soupe de tahin (purée de sésame).
- Ajoute le jus d’un demi-citron, une petite gousse d’ail et 3 cuillères à soupe d’huile d’olive.
- Détends avec un peu d’eau de cuisson jusqu’à obtenir une crème lisse.
- Assaisonne : sel, poivre, une pincée de cumin et de paprika, un filet d’huile d’olive dessus.
Les pois chiches cuits se conservent trois à quatre jours au frais, ou se congèlent : il suffit de les réchauffer pour improviser une salade ou un curry. Difficile de faire plus satisfaisant que de tremper une tartine dans un houmous né de ses propres grains — c’est toute la récompense d’une saison de culture du pois chiche.
Associations et rotation au potager
Comme toutes les légumineuses, le pois chiche aime la compagnie des cucurbitacées (concombre, courge) et de la carotte, mais il déteste le voisinage des alliacées : évite l’ail, l’oignon, l’échalote et le fenouil à ses côtés. Soigne tes associations de légumes et pense-le comme une tête de rotation des cultures : puisqu’il enrichit le sol en azote, place-le avant une culture gourmande (chou, courge, tomate) qui profitera de cette réserve.
C’est aussi l’un des meilleurs légumes faciles à cultiver quand on manque d’espace : un grand bac profond, en plein soleil, sur un potager de balcon, lui suffit amplement. Dans la même famille du sec, tu peux enchaîner avec les lentilles, autre légumineuse rustique, et garder mon calendrier du potager pour semer chaque graine au bon moment.
Quelle variété choisir ?
Voici les variétés que je te recommande, éprouvées au fil des saisons :

Type Kabuli
Le pois chiche le plus courant en France : gros grain rond et clair, fondant. La valeur sûre du houmous.
Classique
Gousses sur le plant
Chaque petite gousse renflée renferme 1 à 2 pois chiches. On récolte quand elles jaunissent et sèchent.
Récolte
Floraison
De jolies petites fleurs blanches ou bleutées sur un feuillage finement découpé, avant la formation des gousses.
FloraisonLe calendrier de culture
Bonnes & mauvaises associations
À marier
- Concombre, courge (cucurbitacées)
- Carotte
- Plein soleil, sol pauvre et sec
- Avant une culture gourmande
À éviter
- Ail, oignon, échalote
- Fenouil
- Sol riche ou humide
- Ombre, excès d'eau

