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Difficulté : moyen · exige chaleur et patience

Réussir la culture du piment : semer, planter et récolter les piments

Réussir la culture du piment en pot ou au potager : semis au chaud, plantation, arrosage, échelle de Scoville, récolter les piments. Repères sourcés.

Pied de piment en pot sur une terrasse avec des piments rouges et verts
ExpositionPlein soleil, chaud et abrité
Semis au chaudFévrier – avril
Mise en terreFin avril – début juin
Distance30 à 60 cm selon la variété
RécolteJuillet – octobre
Contenant30 à 38 L (15 à 23 L en variété naine)

Le premier habanero que j’ai récolté sur mon balcon m’a appris deux choses. La première : il faut de la patience, parce que ses fruits sont restés verts jusqu’en septembre. La seconde : on ne vide pas un habanero à mains nues. J’ai passé la soirée à me passer les doigts sous l’eau froide, et j’ai évité de me frotter les yeux jusqu’au lendemain.

Depuis, je continue à cultiver le piment chaque année, sur mes 6 m² au 4e étage, plein sud, et parfois au jardin partagé du quartier. C’est une plante qui réclame de la chaleur du début à la fin, un peu plus encore que la tomate. Voici comment je fais aujourd’hui, avec des repères que j’ai vérifiés un par un. Mes sources sont listées en bas de page.

Le piment, un Capsicum qui aime la chaleur

Le piment appartient au genre Capsicum, dans la famille des solanacées, comme la tomate, l’aubergine et la pomme de terre. Rustica le dit originaire d’Amérique centrale et du Sud ; Terre vivante situe son berceau au Pérou. Chez nous, l’Université du Maryland le décrit comme une vivace très frileuse, cultivée en annuelle : le gel abîme la plante.

Terre vivante compte une vingtaine d’espèces sauvages, dont cinq cultivées : Capsicum annuum, baccatum, chinense, frutescens et pubescens. Le poivron est un annuum sélectionné pour sa douceur. La taille de la plante varie beaucoup : de 30 cm à 1,50 m selon les espèces pour Terre vivante, et la RHS signale des variétés compactes de 20 à 30 cm seulement, faites pour un rebord de fenêtre.

Choisir ses variétés de piment avec l’échelle de Scoville

Comment on mesure la force d’un piment

Le piquant vient des capsaïcinoïdes, fabriqués par des glandes situées sur le placenta, la partie centrale du fruit qui porte les graines. L’Université du Nouveau-Mexique précise que les graines elles-mêmes n’en produisent pas. Le pharmacien Wilbur Scoville a publié en 1912 le premier test de laboratoire : des goûteurs diluent un extrait de piment jusqu’à ne plus rien sentir, et chaque unité de dilution vaut une unité Scoville (SHU). Aujourd’hui, les laboratoires mesurent plutôt par chromatographie, une méthode plus objective.

Voici les repères que j’ai retenus, avec leur source. Pour lire la dernière colonne, Kokopelli range les piments sur une échelle simplifiée de 0 à 10, de « neutre » à « explosif ».

Variété Espèce Scoville (SHU) Échelle Kokopelli
Poivron C. annuum 0 0, neutre
Piment d'Espelette C. annuum 1 500 – 2 500 4, chaud
Jalapeño C. annuum 2 500 – 8 000 5 à 6, fort à ardent
Piment de Cayenne C. annuum 30 000 – 50 000 8, torride
Piment oiseau C. annuum 50 000 – 100 000 9, volcanique
Habanero C. chinense 100 000 – 350 000 10, explosif
Carolina Reaper C. chinense jusqu'à 2,2 millions 10, explosif

Pour le piment d’Espelette, je n’ai pas trouvé de mesure directe : il vaut 4 sur l’échelle simplifiée, et c’est la grille de Kokopelli qui fait correspondre ce degré à 1 500 à 2 500 unités. Le Carolina Reaper a longtemps été le piment le plus fort du monde ; depuis 2023, le Guinness donne ce record au Pepper X, mesuré à 2 693 000 SHU. La RHS rappelle enfin qu’un même piment chauffe plus ou moins selon ses conditions de culture et son degré de maturité : ces chiffres sont des ordres de grandeur.

Quelle variété pour débuter ?

Pour commencer à cultiver des piments, je conseille un annuum : Espelette, jalapeño ou Cayenne. L’Université du Maryland compte 70 à 85 jours entre la plantation et la récolte pour la plupart des piments, doux ou forts, mais 90 à 120 jours pour les habaneros. Sur un été parisien, cette différence compte. Les chinense restent un plaisir de collectionneur, à semer en premier et à placer au meilleur endroit. Et un seul pied de variété très forte suffit largement pour une cuisine de famille.

Semer le piment au chaud

Quand semer les graines de piment

Kokopelli sème poivrons et piments entre février et avril, en intérieur, 8 à 11 semaines avant la date de plantation de ta région. L’Université du Maryland parle de 8 à 10 semaines avant la dernière gelée, et jusqu’à 12 pour certains types. C’est pour ça que mes habaneros passent en février, et les annuum en mars.

La température de germination

Le piment germe lentement dès que la chaleur manque. L’Université du Nebraska place l’optimum de germination vers 30 °C, avec une levée en 8 jours environ, et un minimum de 16 °C. Kokopelli compte une dizaine de jours à 27 °C, mais une vingtaine entre 18 et 20 °C. Terre vivante sème sous abri entre 25 et 28 °C. Une mini-serre chauffante ou un tapis chauffant fait toute la différence. Voici ma méthode, calée sur Kokopelli et la RHS :

  1. Remplis une plaque alvéolée ou des godets de terreau à semis humide, et dépose une graine par alvéole.
  2. Recouvre de 3 à 5 mm de terreau, puis humidifie au vaporisateur ou par le dessous.
  3. Place la plaque au chaud jusqu’à la levée.
  4. Dès que les cotylédons sortent, passe-la en pleine lumière pour éviter l’étiolement. La RHS maintient alors 16 à 18 °C et un terreau juste humide.
  5. Repique chaque plantule en godet individuel environ une semaine après la levée (Kokopelli) ou quand elle mesure 2 à 3 cm (RHS). Quand les racines sortent par les trous, la RHS passe à un pot de 13 cm.

L'astuce d'Andréa

J'écris la date de semis et la variété sur chaque étiquette, et je reporte la date de levée dans mon carnet de culture. Au bout de deux saisons, j'ai vu noir sur blanc que mes habaneros levaient toujours après mes jalapeños. Je ne jette plus un godet qui reste nu au bout de dix jours.

Endurcir les jeunes plants

Des plants élevés au chaud n’aiment pas passer d’un coup au vent. Kokopelli commence l’acclimatation une à deux semaines avant la plantation, quand il fait au moins 15 °C dehors : trois jours à l’ombre, puis à la mi-ombre avec le soleil du matin, puis au soleil, en les laissant dehors la nuit seulement si elle reste au-dessus de 10 °C. Du 9e au 12e jour, ils attendent à leur place définitive. Sous serre, cette étape n’est pas nécessaire.

Pas de mini-serre ? Terre vivante propose tout simplement d’acheter des godets prêts à planter en mai, et la RHS signale des plants greffés, plus vigoureux quand l’été est frais.

La plantation du piment au potager

Quand planter le piment selon ta région

On peut planter le piment quand le gel n’est plus à craindre. Kokopelli donne trois repères : fin avril dans le Midi, mi-mai dans le Centre, début juin dans le Nord. La RHS attend des nuits qui restent au-dessus de 12 °C, en général fin mai ou début juin. L’Université du Maryland prévient qu’un plant installé dans une terre sous 18 °C reste planté là sans pousser. Terre vivante réserve la culture en pleine terre à la zone méridionale et conseille l’abri ailleurs.

À Paris, je ne sors pas mes plants avant la fin mai, et je garde les chinense à l’abri de la vitre une semaine de plus.

Sol, exposition et espacement

Donne au piment ton coin le plus chaud, idéalement contre un mur exposé au sud, conseille la RHS. L’Université du Maryland demande au moins 6 heures de soleil direct, et plutôt 8 à 10. Le sol doit être fertile, bien drainé mais frais. Terre vivante apporte une brouette de compost pour 10 m² avant la plantation.

  1. Creuse un trou d’environ trois fois la taille du godet et remplis-le d’eau. Attends qu’elle s’infiltre (Kokopelli).
  2. Installe le plant, ajoute une poignée de compost bien décomposé et referme.
  3. Arrose au pied, puis étale un paillage épais.

Sur la profondeur, les avis divergent : Kokopelli enterre la tige jusqu’aux premières vraies feuilles, la RHS plante au même niveau que dans le godet. Pour l’espacement, les sources varient avec la taille de la variété : 30 à 60 cm pour Kokopelli, 38 à 45 cm pour la RHS (30 cm pour les naines), 50 cm pour Terre vivante.

Entretenir les plants de piment

Arrosage et paillage

La RHS vise une terre humide de façon égale, et note que les boutons floraux tombent quand la plante a soif. L’Université du Nouveau-Mexique va plus loin : trop peu d’eau donne des fruits plus petits et une nécrose au bout des fruits, trop d’eau favorise une pourriture des racines qui fait flétrir la plante d’un coup. Je préfère arroser au pied, le soir comme le conseille Rustica, sans mouiller le feuillage, et je vérifie la terre au doigt avant de sortir l’arrosoir. Un paillage de paille ou de tontes sèches garde la fraîcheur.

Engrais : de la potasse, peu d’azote

En pleine terre, un sol enrichi en compost peut suffire, même si la RHS note qu’un apport régulier augmente la récolte. En pot, elle conseille un engrais liquide organique riche en potasse chaque semaine dès la floraison ; Terre vivante se contente de deux apports par mois. Kokopelli et l’Université du Nouveau-Mexique mettent en garde contre l’excès d’azote, qui fait des feuilles au détriment des fruits.

Pincer, tailler et tuteurer

L’Université du Maryland conseille de supprimer les premiers boutons floraux et les tout premiers fruits pour obtenir des plantes plus fortes, et Terre vivante retire le premier fruit pour que la plante se ramifie. Pincer la pointe, en revanche, n’est pas nécessaire d’après la RHS : fait vers 30 cm, il donne plus de fruits mais plus petits, et retarde la récolte. En fin de saison, Terre vivante et Rustica coupent les rameaux une feuille au-dessus du dernier fruit, pour aider les fruits en place à mûrir.

Les tiges sont cassantes. La RHS met plusieurs tuteurs autour des grands plants, et l’Université du Maryland des cages. Sur mon balcon venté, un simple bambou par pied m’a évité de perdre une branche chargée.

Pourquoi les fleurs de piment tombent-elles ?

C’est la question qu’on me pose le plus au jardin partagé. Les sources donnent trois pistes :

  • la température : pour l’Université du Nouveau-Mexique, les fleurs nouent mal sous 16 °C environ ou au-dessus de 32 °C, et la plante se plaît entre 18 et 29 °C le jour ; la RHS observe une fructification réduite au-dessus de 30 °C ;
  • les nuits trop chaudes : au-dessus de 24 °C, l’Université du Maryland voit la production ralentir, voire s’arrêter ;
  • la soif : boutons qui tombent, fruits plus petits (RHS, Nouveau-Mexique).

En pleine canicule, l’Université du Maryland conseille un peu d’ombre en fin d’après-midi. Je tends un voile sur la rambarde les jours de très forte chaleur, et je ne m’inquiète plus quand quelques fleurs tombent en juillet.

Rendre ses piments plus ou moins forts

La force dépend d’abord de la génétique. L’Université du Nouveau-Mexique l’explique clairement : un piment doux par sa génétique ne deviendra jamais fort, même mal traité. Mais le milieu joue aussi. Tout stress, qu’il vienne de l’eau (trop ou trop peu), de la chaleur ou du froid, d’une maladie ou d’insectes, rend une variété piquante plus forte ; dans des conditions idéales, la même variété reste modérée. La RHS ajoute qu’un fruit laissé mûrir sur le pied prend une saveur plus riche et plus chaude.

Je ne prive donc pas volontairement mes pieds d’eau : la même université rappelle que la soif fait tomber les fleurs. Je joue plutôt sur le choix de la variété et sur la date de cueillette.

Maladies et ravageurs du piment

Bien placé, au chaud et à l’aise, le piment reste assez robuste. La RHS signale surtout des insectes piqueurs, en intérieur et sous serre. Voici ce que je surveille.

Problème Ce qu'on voit Que faire
Pucerons Colonies au revers des feuilles et sur les tiges, feuilles qui s'enroulent (Terre vivante) Inspecter souvent pour agir tôt (RHS), laisser faire les coccinelles
Araignées rouges Petits points jaunes qui s'étendent, feuilles qui sèchent et tombent (Terre vivante) Garder l'air humide : elles craignent l'humidité (Terre vivante)
Anthracnose Taches brunes sur les nervures, les pétioles et les fruits (Terre vivante) Supprimer les parties atteintes, pratiquer la rotation
Pourriture grise Pourriture molle couverte d'un duvet gris (RHS) Aérer, espacer, retirer les parties atteintes
Nécrose apicale Tache sèche et sombre au bout du fruit Arrosage régulier et paillage : le manque d'eau la favorise (Maryland, Nouveau-Mexique)

Traitements autorisés au jardin

Contre les pucerons, je regarde le bout des pousses à chaque arrosage et j’écrase les premières colonies du bout des doigts. Je ne recommande plus le savon noir en pulvérisation. Sur E-Phy, le catalogue officiel de l’Anses, les deux insecticides à base de savon de la gamme « emploi autorisé dans les jardins » que j’ai vérifiés, PUCERONS CPJ et RAPID’TOTAL, ne sont autorisés que sur des plantes d’ornement, pas sur le piment. Contre l’oïdium, en revanche, deux produits de cette gamme ont un usage poivron, et le catalogue national des usages rattache le piment au poivron : ARMICARB JARDIN (bicarbonate de potassium), un jour avant la récolte au minimum et sept jours entre deux passages, et THIOVIT JARDIN (soufre), deux passages au plus et trois jours avant la récolte. Suis toujours la dose de l’étiquette.

Rotation et voisinage

Rustica attend 3 à 4 ans avant de remettre des piments au même endroit, et préfère un précédent de légumes-racines. Pour les voisins, Kokopelli cite les tagètes, le basilic et la carotte. La tomate divise : Kokopelli et la RHS la voient en bonne compagne, puisqu’elle aime les mêmes conditions, alors que Rustica éloigne les solanacées entre elles. Moi, je les mets sur le même balcon, mais jamais dans le même bac d’une année sur l’autre. Pour le chou, les avis sont partagés : Rustica le conseille, Terre vivante juge les plantes compagnes des Capsicum encore mal connues ; je ne le conseille ni ne le déconseille. Je tiens aussi le fenouil à distance.

Récolter les piments

Quand les piments sont prêts

Rustica récolte 5 à 6 mois après le semis, à partir de juillet ou d’août, et Kokopelli compte 4 à 6 mois selon la précocité. Dehors, la RHS voit arriver les premiers fruits vers août. Terre vivante situe la cueillette environ un mois après le début de la formation des fruits, quand ils sont bien colorés ; pour les variétés qui restent vertes, la peau devient brillante. Coupe le pédoncule au sécateur en gardant 1 à 2 cm (Rustica), sans tirer : les branches cassent facilement (Maryland).

Vert ou rouge ? La RHS conseille de cueillir en vert en début de saison pour relancer la floraison, et de laisser mûrir les derniers fruits sur le pied. Kokopelli préfère des fruits totalement mûrs pour la saveur. Je fais les deux : quelques fruits verts en juillet, le reste en rouge.

Manipuler les piments sans se brûler

L’Université du Maryland conseille toujours des gants en caoutchouc pour préparer les piments ou en extraire les graines. Kokopelli ajoute de se protéger les yeux, de travailler en plein air pour ne pas respirer les émanations, de ne pas se toucher le visage et de laver mains et ustensiles à grande eau. Mon anecdote du habanero en dit assez long.

Sécher et conserver les piments

Frais, les piments se gardent une semaine au réfrigérateur pour Terre vivante, une à deux semaines au bac à légumes pour Rustica. Pour aller plus loin :

  • le séchage, pour les variétés à petits fruits ou à paroi fine (Kokopelli) : au Pays basque, le piment d’Espelette se vend en cordes de 20 à 100 piments (Wikipédia) ;
  • la congélation, jusqu’à 6 mois d’après Rustica ;
  • l’huile, environ 3 mois dans un endroit sec et sombre (Rustica), ou le vinaigre (Kokopelli) ;
  • les gros fruits charnus, grillés ou rôtis puis mis en bocal (Kokopelli).

Séchés, les piments se réduisent aussi en poudre, et c’est même leur usage le plus courant pour Terre vivante.

Garder ses graines de piment

Choisis une variété non hybride. Les piments se fécondent surtout eux-mêmes, mais les insectes croisent les variétés : l’Université du Maryland parle de 150 mètres d’isolement, Kokopelli d’au moins 50 mètres, avec au minimum 5 plantes réservées à la semence. Laisse mûrir quelques fruits sur le pied jusqu’à ce que leur peau se ride (Terre vivante), ouvre-les, gants aux mains, et gratte les graines. Terre vivante les fait sécher deux à trois semaines sur un essuie-tout ; Kokopelli les brasse de temps en temps dans un endroit sec, ventilé et à l’abri de la lumière.

Pour la durée de conservation, les sources divergent : Terre vivante annonce une durée germinative de quatre à cinq ans, l’Université du Nebraska seulement 2 ans pour les Capsicum. Note l’année sur le sachet et fais un petit test de germination avant de compter sur un vieux lot.

Cultiver le piment en pot sur un balcon

C’est là que je le cultive le plus. L’Université du Maryland range le piment parmi les grands légumes en contenant : 30 à 38 litres de terreau sur 30 à 40 cm de profondeur, ou 15 à 23 litres pour une variété naine. La RHS est moins exigeante pour les compactes, avec un pot de 22 cm pour un plant ou trois plants par sac de culture. En pot, la terre sèche vite : prévois un arrosage quotidien par temps chaud et l’engrais potassique chaque semaine dès la floraison (RHS).

Place le pot contre un mur chaud, à l’abri du vent. Je l’installe à côté de ma tomate, dans un bac différent, avec un pied de basilic au milieu. Et si tu préfères la douceur, le poivron se cultive presque de la même façon, avec la même exigence de chaleur.

Hiverner un pied de piment

C’est l’avantage de cette plante vivace : tu n’es pas obligé de repartir de la graine. La RHS rabat la plante à une taille raisonnable, puis la garde dans un endroit chaud et lumineux, un rebord de fenêtre intérieur ou une véranda, en arrosant peu. Kokopelli rentre les pots dès que la température descend sous 5 °C, en douceur, et estime qu’un pied bien hiverné peut vivre 5 à 15 ans. Mon habanero de la première année a passé deux hivers derrière la fenêtre de la chambre. Il a redonné des fruits dès juillet, bien avant les semis de l’année.

Sources

  • Royal Horticultural Society, « How to grow chilli peppers », rhs.org.uk/vegetables/chilli-pepper/grow-your-own (consultée le 30/09/2026) : semis, repiquage, plantation, espacement, pots, arrosage, engrais, taille, tuteurs, récolte, hivernage, Scoville du jalapeño et du Carolina Reaper.
  • Kokopelli, « Réussir la culture du poivron et du piment », kokopelli-semences.fr/fr/page/reussir-la-culture-du-poivron-et-du-piment : échelle simplifiée, semis, germination, acclimatation, dates de plantation, espacement, graines, précautions contre la capsaïcine, durée de vie et hivernage.
  • University of Maryland Extension, « Peppers » et « Types of Containers for Growing Vegetables », extension.umd.edu : durée de culture, température du sol, soleil, rendement, isolement des semences, volume des pots, gants.
  • New Mexico State University, guides H-237 « Measuring Chile Pepper Heat » et H-240 « Growing Chile Peppers in New Mexico Gardens », pubs.nmsu.edu : origine du piquant, effet du stress, test de Scoville, températures de nouaison, arrosage.
  • University of Nebraska–Lincoln Extension, D. T. Lindgren et S. J. Browning, « Vegetable Garden Seed Storage and Germination Requirements », G2090, 2011 (tableaux I et II) : germination et conservation des semences de Capsicum.
  • Terre vivante, fiche « Culture du piment : variétés, plantation, entretien, récolte », terrevivante.org : espèces, semis, plantation, entretien, maladies, récolte, graines ; fiche poivron : plantes compagnes « encore mal connues ».
  • Rustica, « Piment : guide complet pour réussir la culture au potager », rustica.fr : origine, rotation, associations, récolte, conservation.
  • Wikipédia, articles « Scoville scale », « Cayenne pepper », « Bird's eye chili », « Habanero » et « Piment d'Espelette » (consultés le 30/09/2026) : valeurs Scoville, espèces, record du Pepper X, AOP d'Espelette.
  • Anses, E-Phy, fiches « ARMICARB JARDIN » (AMM 2110196), « THIOVIT JARDIN » (AMM 9500147), « PUCERONS CPJ » et « RAPID'TOTAL », ephy.anses.fr (consultées le 30/09/2026) ; catalogue national des usages phytopharmaceutiques (culture de référence Poivron : poivron et piment).

Quelle variété choisir ?

Kokopelli parle de milliers de variétés de piments, et Terre vivante de cinq espèces cultivées. Trois piments faciles à trouver, du parfumé au très fort :

Piment d'Espelette

Piment d'Espelette

Le Capsicum annuum 'Gorria' du Pays basque, protégé par une AOP. Il vaut 4 sur l'échelle de Scoville simplifiée : un piment parfumé, peu agressif, qu'on sèche en cordes.

Parfumé
Piment oiseau

Piment oiseau

Un Capsicum annuum à tout petits fruits, mais entre 50 000 et 100 000 unités Scoville d'après Wikipédia. À manipuler avec des gants.

Très fort
Piment de Cayenne

Piment de Cayenne

Long, fin, rouge à maturité, entre 30 000 et 50 000 unités Scoville pour la plupart des variétés. Rustica le compte parmi les piments les plus consommés au monde.

Fort
En un coup d'œil

Le calendrier de culture

JFMAMJJASOND Semis Plantation Récolte
SemisPlantationRécolte

Bonnes & mauvaises associations

À marier

  • Basilic
  • Œillet d'Inde (tagète)
  • Carotte

À éviter

  • Fenouil
  • Pomme de terre (même famille)
  • Tomate ou aubergine à la même place l'an passé
Vos questions

Questions fréquentes

Comment réussir la culture du piment ?
Avec de la chaleur du semis à la récolte. Sème tôt, entre février et avril (Kokopelli), vers 27 à 30 °C pour la levée (Kokopelli, Université du Nebraska). Plante quand les nuits restent au-dessus de 12 °C (RHS), à ton coin le plus chaud, et garde une terre humide de façon égale. En pot, la RHS conseille un engrais riche en potasse chaque semaine dès la floraison.
Quand semer le piment ?
Entre février et avril en intérieur, 8 à 11 semaines avant la date de plantation de ta région, d'après Kokopelli. L'Université du Maryland ajoute que certains types demandent 12 semaines : je sème donc les habaneros en premier, dès février.
Est-ce que le piment a besoin de beaucoup d'eau ?
D'une eau régulière plutôt qu'abondante. La RHS vise une terre humide de façon égale et prévient qu'en pot, par temps chaud et sec, un arrosage quotidien peut être nécessaire. L'Université du Nouveau-Mexique rappelle que le manque d'eau fait tomber les fleurs et que l'excès fait pourrir les racines.
Quel est le rendement d'un pied de piment ?
Aucune source que j'ai consultée ne donne un chiffre par pied. L'Université du Maryland annonce 2 à 8 livres de piments et de poivrons pour un rang d'environ 3 mètres, soit 0,9 à 3,6 kg. La RHS précise que cueillir en vert augmente la récolte, alors que laisser mûrir tôt sur le pied la réduit nettement.
Peut-on cultiver le piment en pot ?
Oui. L'Université du Maryland demande 30 à 38 litres de terreau sur 30 à 40 cm de profondeur, ou 15 à 23 litres pour une variété naine. La RHS se contente d'un pot de 22 cm pour un plant compact, et prévient qu'un pot peut demander un arrosage quotidien en été.
Est-ce que les piments repoussent d'une année sur l'autre ?
Oui, si tu les protèges du froid. Kokopelli rentre les pots dès que la température descend sous 5 °C, et la RHS rabat la plante, la garde au chaud et à la lumière, avec des arrosages réduits. Le pied repart au printemps avec de l'avance.
Quelle est la durée de vie d'un pied de piment ?
Le piment est une vivace frileuse, cultivée chez nous comme une annuelle (Université du Maryland). Hiverné dans de bonnes conditions, Kokopelli indique qu'un pied peut vivre 5 à 15 ans.
Pourquoi mes piments ne sont-ils pas piquants ?
D'abord à cause de la variété : l'Université du Nouveau-Mexique explique qu'un piment génétiquement doux ne deviendra pas fort, même stressé. Ensuite, le stress (eau, chaleur ou froid, maladies) augmente la force d'une variété piquante, et la RHS note qu'un fruit mûri sur le pied a une saveur plus chaude.
Faut-il des gants pour manipuler les piments ?
Pour les variétés fortes, oui. L'Université du Maryland conseille toujours des gants en caoutchouc pour préparer les piments ou en extraire les graines. Kokopelli ajoute de protéger ses yeux, de travailler en plein air, de ne pas se toucher le visage et de bien laver mains et ustensiles.
Andréa Lefèvre
Le mot d'Andréa

« Ne vise pas la perfection la première année. »

Plante, observe, goûte : c’est la première récolte cueillie sur ton balcon qui te donnera envie de continuer — tout le reste s’apprend en chemin.

J’ai démarré exactement là où tu es : un balcon de 6 m², zéro matériel, beaucoup d’envie.

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